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  • Myriam Perrozet

Le sens au travail, le sujet tabou, le sujet central



Le sens au travail est un sujet très peu traité car vécu comme "tabou" dans nos sociétés. Nous allons découvrir dans cet article que le sens au travail, ne peut être décorrelé du sens que l'on donne à notre vie. Plus qu'une philosophie, le sens n'est pas quelque chose qui vient à nous, mais bien quelque chose que nous devons découvrir.



Le sens au coeur des nouvelles générations :

L'arrivée des nouvelles générations de type Y et Z bouscule le monde du travail notamment par cette recherche incessante du "why" du "sens", qui est l'épicentre de l'engagement de ces jeunes.


Nous savons qu'ils accordent plus de crédit au projet qu'à l'entreprise. Ils préfèrent de loin trouver une organisation, un job respectant leurs valeurs profondes, plutôt que d'essayer d'adhérer à des valeurs qui ne sont pas les leurs.


Leurs manières d'envisager le monde ne laissent aucun compromis aux anciens systèmes en place. Il savent de façon consciente ou inconsciente qu'accepter des missions en dehors de leur propre alignement, leur propre sens les rendra malheureux.



Mais agir en dehors de son système de valeurs peut-il nous rendre juste "malheureux" ? Pourrait-il y avoir des conséquences plus importantes sur l'individu et sur l'entreprise ?

L'enquête de Gallup* révèle que 26% des collaborateurs seraient activement désengagés du projet de l'entreprise. Ces salariés ont perdu leur motivation, leur sens ce qui a pour résultante de les voir 2 fois plus malades, 6 fois plus absents, 55 fois moins créatifs, et 31 fois moins performants. La perte de sens n'est donc pas à lésiner, car elle engendre des dégâts sur les personnes concernées, leur entourage, et aussi sur les organisations (avec un coût annuel moyen estimé à 12000€ par personne désengagée). Et pourtant le désengagement n'a pas toujours été à ces niveaux, et nous pouvons nous questionner sur le rapport entre ces chiffres et l'avènement du numérique.


Nous savons que la digitalisation de nos sociétés a évolué plus vite que ce que l'Homme ne peut supporter. Cette accélération ne nous donne plus le temps nécessaire au recul, au questionnement du sens, pourtant ce dernier ne se loge que dans l'espace qu'on est capable de lui accorder. Prenons nous le temps de nous demander si nos actions quotidiennes sont alignées à nos aspirations profondes, nos émotions, nos pensées ? Nous n'avons plus le temps de nous poser ces questions pourtant essentielles.


Nous parlons de plus en plus de burn-out, dont les causes sont multiples certes, mais dont une majeure est celle du désalignement entre nos actes et qui nous sommes.


Hans Seyle, docteur en chimie organique et pionnier dans l'étude du stress, a révélé d'ailleurs que lorsque nous vivons notre vie dans un état d'incohérence, de non sens, alors notre système immunitaire diminue et les forces dégénératives du vieillissement s'accélère.



Il est donc impératif de se rapprocher peu à peu de notre sens, mais comment peut-on le débusquer ?

La première chose est de développer une certaine forme de clarification sur qui nous sommes, ce qui nous anime, ce que nous aimons, nos talents. Une des questions que nous pouvons nous poser est : "pourquoi est ce que je fais ce que je fais ?" une autre est : "est ce que je mets mes talents au service de ma mission ?".


Le sens ne tombe pas "du packtage" par miracle, c'est à chaque individu de mener sa propre enquête pour le dévoiler, car il est unique, et donner un sens à son travail passe par l'étape de connaitre le sens de sa vie, qui est une vaste question pour tout un chacun.


Chaque personne détient ce petit quelque chose, cette petite flamme, qu'on a parfois oublié à cause des conditionnements, de l'école, des croyances, et pourtant dans chaque être humain réside ce fameux Léonard de Vinci dont parle Oystein Skalleberg fondateur de Skaltek :

« chaque être humain est un Léonard De Vinci. Le seul problème est qu’il ne le sait pas. Ses parents ne le savaient pas, et ils ne l’ont pas traité comme un Léonard De Vinci. Et il n’est donc pas devenu Léonard De Vinci. C’est la base de ma philosophie ».



Le sens serait-il une science ?

Nous ne pouvons parler du sens sans évoquer les travaux de l'éminent Viktor Frankl psychiatre autrichien du siècle dernier. Viktor a passé toute sa vie jusqu'à son dernier souffle, à découvrir ce fameux "sens". Créateur de la logothérapie (approche holistique de l'individu pour faire émerger le sens), il considère que la quête de l'être humain réside dans le sens, et non pas dans la simple satisfaction de ses plaisirs primaires.


Viktor Frankl a expérimenté la puissance du sens, et il raconte que lorsqu'il a été déporté dans les camps de concentration à Auschwitz, seul le sens de réécrire son livre volé par les Allemands (The doctor and The Soul) l'a sauvé d'une fièvre typhoïde qui était sensé le tuer. Il expliquera plus tard d'ailleurs 'qu'il existe un espace entre le stimuli et la réaction, et que dans cet espace réside notre liberté".


Il pense que la principale cause de souffrance et de névrose est la perte de sens. Il découvre que lorsqu'on trouve un sens aux évènements de sa vie alors la santé mentale s'améliore. Il avance aussi l'idée que tout être humain dispose d'une force intérieure non qualifiable, qui oriente l'individu vers le sens de sa vie.


Le sens est un travail de chaque seconde, le trouver est l'assurance de créer une vie riche, une vie en santé.



Mais alors comment emmener l'entreprise vers plus de sens ?

Une entreprise devrait fonctionner comme un organisme vivant, mais nous en sommes relativement éloignés du fait de la quasi généralisation des structures pyramidales. Il est intéressant de regarder le fonctionnement biologique de l'être humain, par exemple. Chaque organe est responsable de ses fonctions, mais la raison d'être de l'ensemble prédomine. Aussi c'est le sens de la vie de l'être dans sa totalité qui ajuste les actions de chaque organe.


Une entreprise, devrait être conduite sous l'angle de l'holos (mot d'origine grec signifiant entier, totalité, entité qui est à la fois le tout et une partie du tout). Mais pour fonctionner de cette manière il faut une direction établie, claire, co-créée et approuvée par l'ensemble des parties prenantes, qui forme le sens.

Il peut être défini en travaillant sur les valeurs de l'entreprise, mais il ne faut pas oublier aussi la dimension individuelle comme évoqué un peu plus haut.


Aider le collaborateur à entamer une marche vers lui est la première étape du chemin, afin qu'il puisse établir les contours de qui il est. Il va alors porter à sa conscience ce qui le rend vivant, ses propres valeurs, et finalement mettre en lumière ce qu'il aime. Car il n'y a rien d'autre, trouver le sens c'est trouver ce qui nous anime sous l'angle de l'amour. Par la découverte de son propre "love", il pourra alors faire coller ses missions à celui-ci, et trouver l'alignement le plus juste pour lui.


« la volonté de sens vient de l’intérieur. Nous sommes seuls à y avoir accès, à pouvoir la contrôler et l’accomplir. C’est le sens qui nous soutient tout au long de notre vie, peu importe la quantité de pouvoir et de plaisir à laquelle nous avons droit. Mieux encore, le sens nous soutient quelles que soient la douleur et la souffrance que nous devons endurer. » Alex Pattakos


*Etude Gallup / base des réponses aux sondages de 27 millions d’employés dans 195 pays.

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